Le consommateur n’a pas toujours le temps ou l’envie de faire les marchés. Encore moins de se rendre à la ferme, sur les lieux de vente directe. La vente à l’étal constitue une lourde charge pour le producteur. Notre service de livraison permet de satisfaire les uns et les autres ». Anne-Sophie et Benoît Milcent avaient bien étudié leur projet, à la fin de leurs études d’ingénieur, avant de se lancer. Neuf mois d’analyse de l’offre, de la demande et de la concurrence sur le Pays de Lorient. « Le concept a plu aux producteurs que nous avons contacté. C’est l’occasion, pour eux, de bénéficier d’un nouveau débouché, d’une nouvelle clientèle ». Une vingtaine de producteurs travaillent actuellement avec « Les clics fermiers ». La participation au Salon Terre, à Lorient, et les contacts avec les médias locaux leur offrent une vitrine pour se faire connaître de la clientèle. Le créneau est porteur ; de plus en plus de consommateurs veulent manger des produits du terroir. Il n’empêche. « La clientèle doit être étoffée. Nous avons encore de la marge pour l’offre. Je continue de prospecter les agriculteurs pour enrichir la gamme de produits », indique Anne Sophie Milcent.
150 commandes par semaine
Les commandes se font exclusivement par internet, avant 6 heures le mardi. Les agriculteurs livrent leur marchandise le mercredi au dépôt des Clics fermiers à Hennebont. Les commandes sont traitées et les paniers remplis en fonction des différentes formules proposées. 150 paniers sont livrés chaque semaine par camionnette les mercredis et jeudis sur Lorient, le vendredi à Vannes. « Le service a l’avantage d’être plus flexible pour le client qu’en Amap. Aucune adhésion ni abonnement n’est nécessaire. La gamme de produits est large et la livraison à domicile est appréciée ».
Le local est loué. L’investissement de départ comprend l’achat d’un véhicule, d’une chambre froide et la création du site internet. « 30 000 euros, sans la création du site ». Une salariée a été embauchée rapidement après le démarrage de l’activité, pour effectuer les livraisons. Le concept fonctionne. Les Clics fermiers ont 3 antennes (franchises), sur le centre Bretagne, en Ille et Vilaine et en Mayenne.
Bernard Laurent
Les projets collectifs en circuits courts progressent
Le nombre des initiatives collectives bretonnes de vente, dont le nombre a été multiplié par 4 en quatre ans, est en forte progression : 102 dispositifs collectifs en 2009 contre 21 en 2005. La part des circuits courts dans les dépenses alimentaires des ménages serait de 1,8% sur le territoire de Rennes. Dans les Hautes Pyrénées ou le Rhône, cette part est estimée à près de 3%. Cela indique un potentiel important de développement des circuits courts en Bretagne. Le déficit de l’offre, notamment en légumes, serait variable selon les territoires. 30% des producteurs en circuits courts sont en bio. Les producteurs spécialisés (+75% du chiffre d’affaires) réalisent 62 636 euros de chiffres d’affaires en circuits court, à 2,1 UTH sur la ferme. Ils représentent les 2/3 des producteurs ayant choisi ce réseau.
Légende photo : Anne Sophie et Benoît Milcent ont aménagé un local de réception des denrées à Hennebont